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L'histoire paradoxale de la photographie au Japon

Mis à jour : 29 févr. 2020

Le paradoxe, l’archipel nippon y est habitué. Son histoire avec la photographie n'y échappe pas. Le Japon est l’une des dernières civilisations à avoir découvert les procédés photographiques, c'est pourtant aujourd'hui l’un des plus gros producteurs de matériel et d’innovations en photo. Un mauvais élève qui a ainsi largement rattrapé son retard. Des estampes jusqu’aux photographies numériques, de Ueno Hikoma jusqu'à Araki, parcourons ensemble le 8ème art à la sauce japonaise.



Une courte histoire de la photographie japonaise

La photographie arrive en 1854 sur l’archipel alors que la France l’utilise déjà depuis 15 ans. Les périodes de présence occidentale, notamment hollandaise, ont permis aux japonais de découvrir les secrets de la photographie. Après quelques réticences à utiliser cette innovation technique, les premiers photographes japonais s’habituent à ce nouveau matériel. On retiendra des artistes comme Ueno Hikoma, Uchida Kuichi, Shimooka Renjô et Yokoyama Matsuzaburô.


Samuraï et courtisane, par Ueno Hikoma


Certains maîtres d’estampes vont également utiliser leurs talents pour coloriser des clichés, mêlant ainsi photographie et peinture. Des portraits de familles japonaises ou de touristes sont réalisés et de précieux albums photos sont ainsi conservés. À cette époque, la photographie est un symbole d’ouverture et de modernité après plusieurs décennies de vie en autarcie. Aujourd’hui, le Japon est le pays où l’on fabrique le plus d’appareils photo. Il ne faut pas oublier que Canon et Nikon, marques leaders du marché photographique, sont toutes les deux … japonaises !



Boutique Nikon à Tokyo



3 photographes emblématiques japonais


Shomei Tomatsu (1930-2012)




Considéré comme le père de la photographie japonaise, Shomei Tomastu s’est éteint l’année dernière à l’âge de 82 ans. Ses photographies se mêlaient souvent à l’actualité historique (Hiroshima et Nagasaki en sont des exemples connus). Ses thèmes sont à la fois simples et rudes, passant de l’humour au sérieux, sans transition. Tomatsu s’est également illustré dans la revue Iwanami Shashin Bunko, où il était chargé de traiter un thème à chaque parution. L’image était pour lui un moyen d’expression unique, une liberté sans fin.





Araki (1940)





Sulfureux, un terme qui collerait bien à Nobuyoshi Araki. Les 3 sujets photographiques principaux de ce célèbre photographe sont: Tokyo, le sexe et la mort. Il s’illustre notamment dans la prise de femmes nues et de fleurs, rappelant le sexe féminin. Pour lui, la photographie est « l’obscénité par excellence, un acte d’amour furtif, une histoire, un roman à la première personne » (interview dans Le Monde, 2012). Sa femme est décédée d’un cancer en 1990, conférant une noirceur profonde à l’art d’Araki.




Mika Ninagawa (1972)




Si Araki et Tomatsu se sont illustrés dans des clichés en noir & blanc, Mika Ninagawa est connue pour ses photographies pleines de couleurs. C’est en devenant la directrice de photographie du film « Sakuran » que la jeune photographe se fait connaître. Son univers coloré s’exprime à travers de nombreuses photographies de fleurs, poissons et paysages. Elle se démarque également dans la photographie de mode en faisant des portraits de stars ou de mannequins célèbres.





En savoir plus

- Article du site « Etudes-photographiques » sur l’histoire de la photographie japonaise - Annuaire des célèbres photographes japonais.

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